[entre parenthèses]

Entre Parenthèses …Une pose , sans pause

[entre la Latitude 10°02’ N et 18°50’ N]
et
[entre la Longitude 75°43’ E et 108°19’ E]

Ce travail entre parenthèses est certifié totalement argentique de la prise de vue au tirage Labellisé sans retouche numérique ! ! !

 

Un voyage dans une suite de pays situés entre la latitude 10°02’N et 18°50’N et la longitude 75°43’E et 108°19’E…
Le projet [ Entre Parenthèses ] consiste en plusieurs séries de trois portraits photographiques – un homme, une femme, un enfant – pris en Inde, en Birmanie, enThaïlande, au Laos, au Cambodge et au Vietnam. Chaque série sera accompagnée d’un texte ou d’un poème écrit par une personne native du pays concerné.A travers ces portraits, en filigrane, différents thèmes seront abordés. Les portraits seront réalisés sur site. La personne posera sur un fond blanc ; isolée du reste de son environnement, elle se retrouvera ainsi « entre parenthèses » dans son décor naturel, effectuant un léger saut, comme en lévitation, se trouvant suspendue, un peu comme le temps.

Et si dans ces pays les couleurs sont flatteuses, ici elles deviennent superflues. La technique utilisée sera l’argentique à l’Hasselblad, au formant 6×6 (120), en noir et blanc pour jouer sur le contraste.Un parti pris qui nous mènera directement à l’essentiel, mettant toutes les séries dans une égalité visuelle pour plus d’acuité dans leur confrontation. Car sans recherche ethnographique ou sociale affichée, la comparaison entre ces pays asiatiques devrait soulever différentes questions, notamment peut-on inter changer les personnes et leur environnement ?

Qu’est-ce qui fait la différence,la ville, la campagne, l’économie, le social, la religion, la politique, l’éducation, la culture, l’histoire… ?
Le texte ou le poème écrit à chaque fois par un artiste local sur son pays sera à même de compléter les prises de vue et pourra peut-être nous apporter des réponses.
D’où l’importance de cet apport écrit à la vision photographique occidentale, qui nous engage en outre dans un réel échange culturel Europe-Asie.
D’une part des portraits sans apprêt ni apparat, des instantanés à un moment T ;
une photographie humaniste, qui s’apparente à une mémoire du temps présent,
un constat pouvant être considéré comme un état des lieux.
D’autre part des textes qui seront de fait tous très différents, avec des sensibilités, des mots, des rythmes divers, des questions ou des réponses croisées…
[ Entre parenthèses ]est un projet où le regard et le verbe se mêlent, se complètent, où les cultures se mélangent dans le métissage de deux formes d’expression libre pour nous offrir une vision artistique plurielle. Et nous aider à une meilleure compréhension de cette partie du monde…

Entre parenthèses : Le Vietnam

« Sous l’ombrage des bambous verts, vit heureux mon village,
Que berce l’église au son de cloche vespéral sous le ciel sans nuage.

Au soleil rasant, dans les champs se termine le travail,
Pelle et charrue sur l’épaule, les paysans reviennent au bercail.
Sur le dos des buffles, les enfants sifflant dans les flûtes,
Traînant négligemment quelque cerf-volant au crépuscule.

Au bord des rizières, par les pêcheurs, bacs et filets bien rangés,
Le village, au riz du soir, par la fumée de paille embaumé… »
Nuage Rose

Extrait du livre : « Trois Nuage au pays des nénuphars » – par l’auteur Nuage Rose
ISBN : 9782748397628 – 250 pages – Autobiographie – Edition brochée – Editions Société des Ecrivains
A propos de l’auteur : Nuage Rose est née à Hà Nội au moment où la guerre du Việt Nam succède à la guerre d’Indochine. Après avoir obtenu une maîtrise de français, elle quitte Hà Nội, pour vivre à Aix-en-Provence, puis à Paris jusqu’en 1990. Par une étrange mais bienheureuse « coïncidence » de l’histoire, elle est alors nommée à l’ambassade de France au Việt Nam, puis à Singapour. Depuis 2000, elle vit de nouveau à Paris, tandis que ses deux enfants, nés à Paris, ont choisi de vivre désormais à Hà Nội, à l’instar de leur grand-père maternel, un demi-siècle plus tôt…
www.nuage-rose.societedesecrivains.com/

Entre parenthèses : Le Cambodge

J’ai vu l’esprit descendre à Banlung, tout de clair vêtu. Une cape blanche flottait à distance respectable de ses épaules, et accentuait de ce fait, l’irréalité de l’apparition. Lui-même n’avait pas mis pied à terre mais se maintenait en suspension dans les airs, comme si la terre jouait avec son corps un rôle d’aimant répulsif. Il m’a visé direct avec un sourire silencieux plissant les pommettes et tout de suite j’ai compris. Sans la moindre hésitation. Comme par défense, mes doigts ont claqué une photo mais l’instant d’après, un fluide vert et lourd, venant d’on ne sait où est entré dans la paume de ses mains et tandis que je commençais de murmurer quelque chose que je ne comprenais pas moi-même, il fondit sur moi et toujours à un mètre du sol, me cueillit d’un mouvement latéral avant de m’emporter dans les airs.
Définitivement.
femme-phnompenh

La femme de Phnom Penh est pétillante et joggeuse, mordillante et mordeuse, craquante et croqueuse. Elle aime se surpasser, et, d’un direct du droit, trouer le cadre dans lequel on a vainement tenté de l’enfermer. Elle est comme ça, la femme de Phnom Penh, avec son côté rustique et sa force naturelle dont elle ne peut se défaire. Si le vent souffle bien, sa peau élastique peut se gonfler comme un chewing-gum et ses
membres pousser dans des directions insoupçonnées, inconnues de la gravitation terrestre. Pourtant, je le sais, et c’est là aussi son charme, quand le goût de la rencontre aura passé, elle joindra les mains, les portera doucement à son front tandis que ses lèvres trahiront un sourire ciselé, un brin espiègle, puis, se tournant avec lenteur pour reprendre le chemin interrompu, elle bondira et rebondira en direction du couchant.

enfant-kho-tonsay

“ Koh Tonsay ’’, disent les Cambodgiens, soit littéralement en français, “ l’île du lapin ’’. Et bien qu’il n’y ait aucun lapin sur le caillou, je me laisse à imaginer que l’île a été nommée ainsi pour ses habitants. Parce que pour les affaires courantes, et c’est là une particularité unique au monde, les habitants de cette île préfèrent se déplacer à pieds joints par petits bonds légers et gracieux. Des bonds de lapins, quoi… Vous
les continentaux qui avez la sage habitude d’avancer un pied devant l’autre, sans jamais oh grand jamais perdre contact avec la terre ferme, oubliez cela et cette fois, laissez-vous vraiment aller ! Particulièrement, si vous ressentez un grand désordre à l’intérieur de vous, prenez l’esquif à Kep et venez sauter goulûment sur l’île, laissant l’air soutenir vos pieds, le vent vos bras et je vous le garantis après quelques bonds, vos idées sauront retrouver leur place naturelle sous l’effet conjugué de la gravitation et de la force de Coriolis!
Randal Douc

Mr Randal Douc est un acteur et mathématicien français, né à Phnom Penh au Cambodge.
Enseignant-chercheur en Mathématiques appliquées il enseigne depuis 2007.
Il s’est également affirmé dans le milieu cinématographique, avec une première apparition aux côtés d’Isabelle Huppert dans Un barrage contre le Pacifique.
Ses textes ont été sélectionnés et travaillés dans divers festivals liés à l’écriture théâtrale contemporaine
Il écrit le diptyque Teuk Dey dont le premier volet “Les Hommes désertés” a été sélectionné
par la Commission des Arts et Créations du Ministère de la culture en 2005.

Entre parenthèses : Le Laos


Au crépuscule, le soleil de Louang-Prabang se cache peu à peu derrière la montagne et la foule se dirige vers les berges du Mékong. Certains s’amusent à nager dans le fleuve, d’autres jouent sur la plage bruyamment. Tandis que les jeunes filles s’affairent à leurs lessives, les garçons leur font la cour en improvisant des paroles galantes sur des airs traditionnels comme le “khap thoum Louang-Prabang” ou les “ lam” . C’est l’heure où les pêcheurs prennent leurs pirogues pour gagner le centre du fleuve. L’un des pêcheurs s’installe à l’arrière de la pirogue et essaie de la stabiliser, de façon à ce que l’autre soit suffisamment en équilibre pour lancer son filet. Au retour de la pêche, la foule se précipite vers les pirogues. Il y a des chants et des cris de joie quand les braves piroguiers montrent leur pêche. Sur les hauteurs au-delà des berges, les jardiniers arrosent leurs parcelles de légumes. Dans la fraîcheur d’une brise
légère, l’atmosphère embaume et les parfums des herbes potagères se mêlent à ceux de fleurs indescriptibles. Le temps est maintenant venu de rentrer. Le soleil s’éteint peu à peu et demande à la lune de faire à son tour scintiller notre Mékong…
Sourideth BOUPHAVICHITH

 

David Bouquet, en laotien Sourideth Bouphavichith est né en 1961 à Louang-Namtha
au Laos. Il passe une partie de son adolescence à Houaxay, dans la région du triangle d’or puis à Luang Prabang, fameuse cité classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il vit actuellement en région parisienne. Il participe à la réalisation d’un dictionnaire Français-Lao sorti fin 2013 aux éditions YOU FENG. Projet initié par le professeur Marc Reinhorn puis confié à Vincent Berment. Il poursuit aujourd’hui un projet de traduction automatique sur des langues d’Asie du sud- est dont le thaï, le birman, le lao, le cambodgien, le vietnamien …

Entre parenthèses : La Thailande

Bonjour aux lecteurs de ce texte. Je n’ai pas le plaisir de vous connaître, et je vous
remercie pour votre attention. Je me présente, je suis Thaïlandaise et j’ai cinquante six ans au moment où je vous écris. Dans ma vie j’ai eu la grande chance de pouvoir voyager dans le monde et d’apprendre beaucoup de choses de chaque pays visité.
Souvent les personnes âgées de Thaïlande, notamment ma propre mère qui a quatre vingt deux ans, me demandent comment vivent les gens à l’étranger, que mangent-ils, leur nourriture ressemble-t-elle à la nôtre, comment sont les fruits, etc.
Je leur réponds que les fruits et légumes dépendent du climat et que chaque région a un climat différent. Dans certains pays, il fait si froid que l’eau devient glace. Dans d’autres, il fait tellement chaud et d’autres encore où il pleut beaucoup. Il y a donc des saisons différentes pour l’agriculture. Par contre, si la nourriture et la cuisine sont différentes, le caractère des gens, lui, est le même partout. Par exemple, on rencontre dans le monde entier des égoïstes et des généreux, des paresseux et des vaillants, des amoureux de la nature, des clochards, des voleurs, des violents, des mafieux, des machos, des alcooliques, des drogués, etc. Tous les gens ont des activités différentes, mais le même objectif de survivre. Dans certains pays il reste des endroits de nature préservée, pour le tourisme, mais aussi et surtout j’espère, pour que les générations futures puissent en profiter, l’apprendre et la connaître.
La Thaïlande fait partie de ces pays. Elle est connue dans le monde entier comme Siam, le pays du sourire. Les Thaïlandais sourient beaucoup et à tout le monde, du plus petit au plus grand. C’est une règle de vie.Pour ma part, j’ai aussi mes règles de vie qui m’ont été transmises de génération en génération :
• Ne pas mentir
• Ne pas jouer aux jeux d’argent
• Ne pas boire d’alcool
• Ne pas voler, même si on trouve quelque chose, il convient de le rendre à son
propriétaire
• Ne tuer les animaux que pour survivre et préserver la nature au mieux.
• Savoir donner sans attendre en retour
• Penser aux autres avant soi-même et considérer les autres comme sa propre
famille, car nous vivons tous ensemble dans la même société où nous avons
besoin les uns des autres pour vivre en paix.
• Vivre simplement, sans se comparer aux autres, sans jalousie en acceptant
ce que l’on a.
En suivant ces quelques règles, on se sent heureux et on peut rendre heureux, sa famille, son entourage, son pays entier, les pays voisins, et ainsi de suite. Je suis ces quelques règles de vie depuis toujours et suis très heureuse.
J’espère que tous mes lecteurs partageront se bonheur avec moi en lisant ce texte.
Je vous remercie tous.
“Si ton coeur est heureux et libre tu pourras voyager partout”
Somboon PHOUNGDORKMAI

Somboon est née enThailande. Après des études au collège d’art Thaivichisilp puis au
collège d’Arts et Métiers de Poh-Chang, elle enseigne à son tour, là-même où elle a
étudié. L’émulation du Van Group, une bande de copains avec lesquels Somboon exposait sa vision de la société aux travers d’oeuvres surréalistes, la décidèrent à quitter définitivement l’enseignement pour se consacrer exclusivement à ses projets artistiques. Éclectique dans ses travaux, Somboon affectionne particulièrement l’aquarelle qui lui permet de travailler spontanément in situ.

Entre parenthèses : La Birmanie

Un jour de septembre 2007. Des nuages. Un peu de vent. Je me suis dit “il va pleuvoir”.
J’étais debout, près de la fenêtre. En plein après-midi, la rue devant chez moi était vide ou presque: juste un bonze qui marchait sur la route, d’un pas rapide. Sa robe était en accord avec les couleurs alentour: un point rouge au milieu d’un gris verdâtre. Après un instant, un de mes amis est arrivé en courant ; il m’a dit qu’à Yangoon, les bonzes étaient descendus dans la rue pour réclamer la Démocratie. Il m’a encore parlé de l’espoir de la population. Il pleuvait, maintenant.
Quelques jours plus tard, il est revenu, un papier à la main. Au bout d’un moment, il a dit que quelque chose de terrible était en train de se passer avec les bonzes. Il y a eu un silence. Puis il m’a laissé seul, avec son papier plié.
Il disait: “Zéphyr…..
Les gens de la cité des cendres
Des gens qui courent, des gens qui pleurent
Les mensonges ont barré la route à la vérité; des mensonges ne reposant sur rien, mais qui sont là Les gens y vont quand même
Ils y vont pour leur dignité, pour la solidarité, pour la liberté d’expression
Ils passent…. des décades, des siècles d’épées.
Les couleurs sont grises, foncées
Tous, ils partagent un voeu, le même
Et puis, soudain…. WOOOOOM!!!!!
On a vu une étincelle venir de la cité des cendres,
Zéphyr porte la brise, qui générera la tempête….
Il y en a même qui entendent le cri de la liberté.
Prépare-toi: des gouttes de pluie pourraient te blesser, ma cité des cendres.
Signé: le Citoyen”.
Il n’est jamais revenu. J’ignore où il peut être maintenant. Il m’a fait garder cela pendant des années. Mais, il faut que tu le saches, mon ami: c’est le printemps, maintenant. Et ce n’est pas la brise qui génère la tempête, qu’il nous a apportée, ton Zéphyr, c’est la brise de la Démocratie, celle qui fait fleurir les bulbes au printemps.
Than Kyaw HTAY

Than Kyaw Htay est né à Sittwe, dans l’état Rakhine, en 1978 au Myanmar. Il est diplômé de l’école gouvernementale des beaux arts. En 2000, il étudie la peinture sous
l’aile de Win Pe Myint. Il a participé à de nombreuses expositions à Rangoon dont 4 expositions solo. Il a également été exposé à Hong Kong, en Thailande, en Inde, au Canada et aux Etats Unis. En 2015 il expose pour la première fois en France une série “silent sweat” s’inspirant du proverbe Birman “Un Homme ne peut vivre un seul jour sans eau”

Entre parenthèses : L’Inde

C’est un poème qui m’a amenée dans ce pays
(inspiré par l’engagement national Indien *)

C’est un poème qui m’a amenée dans ce pays
Un plan de mots bruts, un champ de graines vides
La première phrase me jeta dans un puits
De foetus flottants, de membres et tests digitaux de virginité.
Je ne pouvais pas respirer.

India is my country and all Indians are my brothers and sisters

La deuxième phrase était amicale, elle me projeta
dans une ville où les arbres attendaient les hommes
les hommes attendaient la nuit
les femmes se rassemblaient pour combattre.
Je ne pouvais pas respirer.

I love my country and I am proud of its rich and varied heritage.
I shall always strive to be worthy of it.

La troisième phrase m’a transportée loin d’un village où
les serpents buvaient des rivières blanches
dardaient leur langue contre les dieux infidèles
et où les bébés dormaient bercés par des chansons entêtantes.
Je ne pouvais pas dormir.

                            I shall give my parents, teachers and all elders respect

                                                             and treat everyone with courtesy.

La quatrième phrase m’a conduite vers un centre commercial
– une folie de verre, de débris et de prix remisés-
où les familles faisaient leurs courses à un taux de crédit délirant
L’argent peut vous acheter de l’amour, ils ont dit
quand ils sont tombés morts.
Je n’ai pas dit au revoir.

To my country and my people, I pledge my devotion.
In their well-being and prosperity alone, lies my happiness.

Seule la cinquième phrase savait où je pourrais me reposer
alors elle m’a amenée dans la ville qu’on a abandonnée
aux manifestants professionnels, aux monarques vieillissants et aux travailleurs migrants.
C’est un poème qui m’a amenée dans ce pays:
Je pouvais enfin mourir.

Anupama Raju

*L’engagement National est un serment d’allégeance à la République de l’Inde. Il est fréquemment récité par les Indiens à l’unisson lors d’événements publics, en particulier dans les écoles et pendant la fête de l’indépendance . On le trouve généralement imprimés dans les premières pages des manuels scolaires.

Le parcours d’Anupama Raju
Anupama Raju nait à Chennai (Inde) dans une famille de musiciens. Bercée par la musique pendant son enfance, Anupama devient chanteuse. Mais c’est dans la poésie qu’elle s’épanouie.Elle commence sérieusement son travail d’écriture en 2002. Depuis, son travail a été diffusé dans diverses publications, magazines et journaux littéraires. Anupama a reçu les prix pour la poésie aux concours dirigés par le British Council-Unisun (2006) et par la Prakriti Foundation (2008).Journaliste, Anupama écrit sur la littérature et sur les écrivains pour un journal très reputé en Inde : The Hindu. Elle travaille aussi dans le domaine de la traduction et  aime traduire des nouvelles du Malayalam* en anglais.Son premier livre, une collection de ses poémes, ‘Nine’ sera edité par Daastaan Books. Malayalam* : langue traditionnelle du Kerala, état du sud de l’Inde

 

Bientôt  une exposition  entre parenthèses  de ce travail collectif devrait avoir lieu en France et je l’espère ailleurs !!!

Share Button
2+

Les utilisateurs qui ont aimé cet article :

  • avatar